Le leadership de l’esthétique

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Notre profession partage un label unique de “chirurgien plasticien” avec, pour spécialité, un titre composé “chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique”. Et même si nous exerçons notre activité dans des domaines aussi divers et variés que la chirurgie crânio-maxillo-faciale, la chirurgie de la main, les brûlures, les malformations congénitales…, notre organe cible reste essentiellement la peau, qui couvre tout le corps et que nous partageons, versant médical, avec nos confrères dermatologues.

Pendant longtemps, la médecine esthétique a été réservée à nos deux professions. À la nôtre et à celle des dermatologues qui, de par leur formation et leur expérience, peuvent se prévaloir d’une véritable expertise en la matière, aussi bien en termes de connaissance des produits (produits cosmétiques, injectables, peelings…) que de maîtrise des appareils (lasers, ultrasons, radiofréquence…) et de réactions de l’organisme aux différents traitements.

Or, depuis quelques années, sous la pression du lobby de l’industrie, de plus en plus de médecins généralistes et de spécialistes dont l’activité n’a rien à voir avec la chirurgie plastique ou la dermatologie (dentistes, ORL, ophtalmologistes, gynécologues…) se lancent dans la médecine esthétique, sans diplôme reconnu pour cette spécificité par l’Ordre des médecins.

À cette multiplication de praticiens qui se sont emparés de notre savoir-faire, s’ajoute un autre problème, dont vous et moi faisons les frais : une propagande à tout va et sans limite (publicité, démarchage, congrès…), avec des moyens colossaux pour les techniques de médecine esthétique, au détriment de notre activité de chirurgiens (pour laquelle, est-il besoin de le rappeler, toute démarche publicitaire est interdite).

Cette situation entraîne une baisse de notre activité chirurgicale alors que celle de la médecine esthétique explose.

Chers confrères, ne laissez pas cette activité médicale, dite “soft”, vous échapper (rappelons-nous nos confrères chirurgiens digestifs qui, faute d’avoir mesuré cet enjeu, ont laissé les endoscopies aux mains des gastro-entérologues). Nous avons une formation anatomique et chirurgicale solide. Il est aisé pour nous, chirurgiens, de s’en emparer et d’y exceller. Le chirurgien plasticien maîtrise en effet parfaitement les différentes solutions disponibles, que ce soit en médecine ou en chirurgie. Il connaît leurs avantages et surtout leurs limites, et préconise les traitements les plus indiqués.

Nous devons nous réapproprier et cultiver ensemble le leadership de l’esthétique.

Notre société[...]

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À propos de l’auteur

Président 2017 de la SOFCEP, Chirurgien plasticien, MARSEILLE.

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