Les enjeux éthiques de la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique

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Les quatre principes de la bioéthique sont, dans l’ordre chronologique :
– le principe mosaïque de justice ;
– le principe de non-malfaisance hippocratique (primum non nocere) ;
– le principe chrétien de bienfaisance ;
– le principe kantien d’autonomie de la volonté.

Aujourd’hui, quelle que soit la discipline, médicale ou chirurgicale, le principe de respect de la loi reste bien entendu d’actualité. Le principe hippocratique fait toujours partie du serment que tout médecin prononce juste après sa soutenance de thèse. Il demeure un phare dans la prise de nos décisions difficiles.

Le principe de bienfaisance était encore prédominant lorsque j’étais interne et chef de clinique. Sa connotation paternaliste a lassé un certain temps. J’ai l’impression qu’il refait surface à mesure que l’on réalise qu’un consentement parfaitement éclairé est une fiction certainement utile pour prendre des décisions juridiques, mais qui reste une utopie à l’échelle du fonctionnement du cerveau humain. En effet, une réponse entraîne une question et certains d’entre nous ont passé plus de 30 ans à se questionner sur une seule pathologie. On conçoit qu’un patient ne puisse jamais être parfaitement informé dès lors que tout sachant honnête se considère lui-même comme un ignorant. Malgré tout, le principe qui domine aujourd’hui est celui qui consiste, pour le patient, à pouvoir se donner sa propre norme (autonomie), c’est-à-dire à prendre des décisions de façon libre et responsable en s’appuyant sur une information la plus exhaustive possible.

En fonction de ces principes, la chirurgie en général et la chirurgie plastique en particulier se distinguent-elles de la médecine [1] ? Je ne le pense pas. Mais comme dans le théâtre antique, si les acteurs restent les mêmes, les masques changent.

La greffe de visage 1

En 2002, lorsque le Dr Peter Butler, chirurgien plasticien au Royal Free Hospital de Londres, annonce son intention de greffer un visage, le spécialiste de la face ne pouvait que rester perplexe face à la réaction médiatique qu’il a déclenchée. Ainsi, une partie du débat s’était portée sur la question de savoir s’il était éthique de prendre l’identité (au sens de la ressemblance) de quelqu’un d’autre ! Personne ne s’était soucié de savoir si cette hypothèse, certes passionnante sur le plan du raisonnement formel, était[...]

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À propos de l’auteur

Chef du Service de chirurgie plastique et maxillo-faciale, Hôpital Henri Mondor, CRÉTEIL.