La graisse tue

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“La guerre des fesses”, selon son auteur Jean-Claude Kaufmann (Ed. J.C. Lattes, 2013), oppose l’hémisphère Nord, martyr d’une irrésistible injonction à la minceur extrême, à l’hémisphère Sud, qui préfère les fesses rebondies et pimpantes. Cette guerre nous livre ses premières victimes, liées à l’embolie graisseuse secondaire à l’injection de la graisse autologue dans le muscle grand fessier.

Le taux de mortalité de cette chirurgie (1/3 000) a dépassé celui de l’abdominoplastie (1/13 500), pourtant réputée pour avoir le taux de mortalité le plus élevé en chirurgie plastique. La Société américaine de Chirurgie Plastique, après enquête, a publié des recommandations (pas d’injection intra-musculaire) dans la pratique du Brazilian Butt Lift (BBL).

Le mécanisme physiopathologique de l’embolie graisseuse associe deux conditions : une lésion d’une veine large et profonde et une présence de la graisse injectée à proximité.

Daniel Del Vecchio a montré dans son article publié dans le PRS (vol. 142, n° 5, novembre 2018) que l’aponévrose superficielle du muscle joue un rôle de “barrière”. L’injection sous-cutanée n’a jamais induit d’embolie graisseuse ; en revanche, toute injection intramusculaire traverse le muscle et migre, par l’absence d’une aponévrose à sa face profonde, au contact des veines pelviennes. Il suffirait d’une lésion :

  • directe de ces veines, par l’introduction profonde d’une canule par le pli sous-fessier, laquelle profondeur serait facilitée par la position du patient plié sur un boudin placé sous les hanches ;
  • ou indirecte par la “théorie de traction veineuse” développée par Daniel Del Vecchio (que[...]

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À propos de l’auteur

Président 2017 de la SOFCEP, Chirurgien plasticien, MARSEILLE.

Un commentaire

  1. Cette mortalité est impressionnante et donne des frissons rétrospectivement. Rester en surface donc et de toutes façons ne pas avoir tendance à trop « remplir ». Mieux vaut décevoir un peu que prendre de gros risques. Plusieurs transferts modérés arrivent au même résultat sinon mieux qu’un seul « copieux ».

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