Les prothèses mammaires en question

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Historique

Dans le monde, on considère qu’entre 5 et 10 millions de femmes sont porteuses d’implants mammaires (IM) [1]. Depuis leur apparition en 1962, les générations successives d’implants ont essayé de donner un résultat le plus naturel possible avec le moins d’effets indésirables.

La découverte des phénomènes de coques et de rétraction capsulaire (fig. 1) a amené le Dr Ashley à présenter dans les années 1970 la première prothèse recouverte d’une mousse en polyuréthane, la Natural Y, semblant réduire ce type de complications [2]. Par la suite, les principaux fabricants ont développé d’autres technologies pour modifier l’enveloppe des prothèses et imiter les caractéristiques du polyuréthane (accusé par ailleurs d’être cancérigène) : ces implants dits texturés ont un effet velcro qui permettrait une meilleure intégration tissulaire de l’implant, avec moins de coques et moins de rotation. Ils ont permis le développement de prothèses de formes anatomiques (par opposition aux rondes). Leur utilisation s’est largement répandue à partir des années 1990.

Ce marché des implants mammaires remplis de gel de silicone a historiquement fait l’objet d’une succession de mesures sécuritaires, notamment en France et aux États-Unis, allant jusqu’à la suspension temporaire d’implanter des prothèses en silicone à visée esthétique par crainte d’effet cancérigène et d’association à des maladies de système entre 1992 et 2001 en France (et jusqu’en 2006 aux États-Unis) [3]. Ce moratoire a été levé par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), à la suite d’un avis d’experts et de la méta-analyse de Janowsky [4] regroupant 20 études et montrant l’absence de surrisque de maladies auto-immunes et connectivites pour les patientes porteuses de ce type d’IM. Plusieurs méta-analyses dont celle de Balk en 2016 [5] semblent confirmer ces données sans risque augmenté de cancers ou maladies de système des patientes porteuses d’implant mammaire en silicone.

Mais, en mars 2010, une nouvelle crise touche le marché des prothèses avec la suspension par l’ANSM de l’utilisation des IM de la société Poly Implant Prothèse (PIP), suite à une augmentation du nombre de ruptures prothétiques. Les rapports des expertises montrent alors l’utilisation d’un gel de[...]

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À propos de l’auteur

Centre de diagnostic en un jour de pathologie mammaire (DJPM), Service de Chirurgie gynécologique et mammaire, Hôpital Tenon, PARIS.