Conduite à tenir devant une infection sur implant mammaire

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Lorsque survient une complication postopératoire infectieuse sur implant mammaire, il est indispensable que les chirurgiens connaissent les grands principes de prise en charge afin qu’ils soient le plus possible à l’abri de réclamations, mises en cause, appels en responsabilité. Il est bon aussi de rappeler les principes de prévention, tant cliniques qu’administratifs au sens large du terme, dont le respect conditionne la défense du chirurgien. Le risque d’infection sur implant mammaire est assez faible, allant de 0,74 % à 2,5 % selon les séries [1-4]. Il diffère selon l’état sous-jacent, s’avérant faible en cas de mastoplastie d’augmentation par implant à visée esthétique (0,27 %), mais augmentant lors d’une reconstruction mammaire par implant (3,23 %) [2].

Ce qui va suivre est le fruit d’une expérience obtenue par l’étude de dossiers de mise en cause d’assurés Branchet pour infection(s) sur implant(s) mammaire(s). L’étude de ces dossiers d’infection(s) sur prothèse(s) fait ressortir deux éléments troublants : dans la quasi-totalité des cas, les implants étaient texturés et la voie d’abord était transaréolaire. Sans que l’on puisse tirer de ces éléments des conclusions scientifiques, ils nous poussent quand même à la réflexion… De plus, le constat est que, dans 30 % des dossiers relatifs à une infection postopératoire, la prise en charge est inadaptée. L’information est insuffisante, absente et non tracée dans 40 % de ces dossiers.

La règle en matière d’infection postopératoire (infection liée aux soins, infection nosocomiale) est que, par défaut, la responsabilité incombe à l’établissement de santé (ES). Cette responsabilité court dans le mois qui suit la sortie de l’établissement, mais est étendue à l’année lorsqu’il a été mis en place un matériel (prothèses, matériel d’ostéosynthèse…).

De nos jours, lorsqu’un patient est victime d’une infection postopératoire, il entamera presque systématiquement une démarche d’indemnisation, soit auprès des CCI (office national d’indemnisation des accidents médicaux Oniam) soit auprès des tribunaux (TGI). En ce qui concerne les interventions comprenant la mise en place d’implant, seuls les cas relatifs à la chirurgie conventionnée sont éligibles aux CCI. Les actes esthétiques non conventionnés relèvent uniquement des tribunaux. Lors de telles démarches sont mis en cause le chirurgien, l’établissement et parfois l’anesthésiste.[...]

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À propos des auteurs

Pôle de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique, cabinet Branchet

Service de Réanimation Médicale et de Maladies Infectieuses, Centre hospitalier, TOURCOING.

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