Qui ne (plasti)risq rien n’a rien…

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J’avais été convié il y a quelques années par la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (SoFCPRE) à faire un exposé sur l’évolution des techniques médicales de rajeunissement. Ce coup d’œil dans le rétroviseur m’avait permis de prendre conscience de l’incroyable bonheur d’avoir vécu une époque exceptionnelle en termes de progrès décisifs qui donnent à notre activité le visage qu’elle a aujourd’hui : essor de la microchirurgie de replantation, des lambeaux libres, des greffes allogéniques de la face et des mains, des cultures cellulaires (mon sujet de thèse !), naissance quasi ex nihilo de la chirurgie cranio-faciale, de l’expansion cutanée, de la liposuccion, du lipofilling, mise à disposition de la toxine botulique et de matériaux de comblement de plus en plus performants, développement des lasers, des lumières inductrices, des ultrasons, stimulation cellulaire…

Demain promet d’être encore plus fascinant ! Mon seul regret ? N’être bientôt plus que le spectateur émerveillé de tant d’ingéniosité et de services rendus. Mais ce sentiment privilégié de vivre des sauts technologiques déterminants aurait-il été possible sans cet espace de liberté indispensable à la création qu’est la liberté d’entreprendre, donc le “risq” au sens noble et positif du terme, quel qu’en soit le domaine ?

Aujourd’hui, le fort discutable principe de précaution s’impose comme une réalité qui paraît à nos impatiences parfois bien supérieure aux bénéfices auxquels il empêche d’accéder d’une manière “naturelle” parce que “nécessaire”. La pathologie crée le besoin de la surmonter, le besoin façonne l’outil nécessaire pour parvenir à ses fins. Rappelons que ce fameux principe, “inscrit dans la Constitution” (quelle suffisance…), a été imposé sous l’impulsion d’un mouvement écologiste fort en grâce à l’époque (Nicolas Hulot) dont il fallait flatter l’électorat ; il n’était alors destiné qu’à garantir une meilleure protection d’ordre environnemental, et uniquement environnemental. Vœu pieux quand on en voit les conséquences ! Différents lobbies industriels et politiques se sont vite emparés de cette opportunité de prouver qu’ils existaient et étaient donc indispensables à la sauvegarde d’une humanité fragilisée. Et les groupes de pression gravitant autour de la santé n’ont pas été en reste, à tel point que ce principe semble presque avoir tout bonnement été créé à leur intention ! Bien entendu, on ne peut contester qu’une réelle prudence doive accompagner l’acte de recherche clinique, qu’un jugement extérieur aux acteurs soit nécessaire pour garantir, sinon l’innocuité totale, du moins la nécessité objective des moyens recherchés, qu’une information juste et claire doive être communiquée aux acteurs d’un programme[...]

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À propos de l’auteur

Chirurgie esthétique, Médecine esthétique, PARIS.

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