Nodule d’endométriose sur cicatrice d’abdominoplastie : à propos d’un rare cas et revue de la littérature

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L’endométriose se définit par l’existence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine. Elle touche 8 à 15 % des femmes en activité génitale. La forme endopelvienne est la plus fréquente. Sa localisation sur cicatrice pariétale est beaucoup plus rare, avec une incidence de 0,03 % à 0,4 % [1].

Le diagnostic est principalement marqué par des douleurs cycliques menstruelles chez une femme en activité génitale entre 20 et 40 ans.

Cas clinique

Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 30 ans, mère de 4 enfants et sans antécédents médico-chirurgicaux.

Elle a bénéficié en avril 2010 d’une abdominoplastie pour tablier abdominal. Les suites postopératoires ont été simples. Elle a consulté 32 mois plus tard pour une masse ferme, fixée, douloureuse, d’environ 2 cm sur sa cicatrice d’abdominoplastie. L’échographie objectivait une masse solide hypoéchogène avec calcifications peu vascularisée de 2 cm de grand axe, évoquant le diagnostic initial pour un granulome sur fil.

Elle a bénéficié en décembre 2012 d’une exérèse de la masse, qui était fixée au plan aponévrotique (fig. 1). L’examen anatomopathologique extemporané a réorienté le diagnostic initial en faveur d’une endométriose, et a permis de compléter l’exérèse de manière satisfaisante.

Les suites postopératoires ont été simples. La patiente a été ensuite adressée pour prise en charge spécialisée gynécologique afin de réaliser le bilan d’extension. Nous n’avons pas objectivé de récidive à 6 mois postopératoire.

Discussion

L’endométriose sur cicatrice abdominale a été décrite pour la première fois en 1903 [2]. Le plus souvent, il s’agit d’une localisation externe génitale intrapéritonéale, au niveau des organes génitaux internes. Les autres localisations sont beaucoup plus rares (plèvre, la vésicule biliaire, le côlon et la cloison rectovaginale). Nous nous intéresserons aux rares cas d’endométriose pariétale sur cicatrice d’abdominoplastie ou césarienne (Pfannenstiel) qui représentent 0,3 à 0,04 % [3]. La physiopathologie de ce mécanisme est encore mal connue. Il est probablement multifactoriel.

Plusieurs théories ont été proposées :

  • La première est la théorie du reflux [4]. En effet, au moment des règles, des cellules endométriales peuvent refluer par les trompes utérines vers la cavité abdominale. Habituellement, ces cellules migrantes sont détruites et éliminées par le péritoine mais, chez certaines femmes, elles peuvent s’accrocher, s’implanter sur[...]

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