Reconstruction d’oreille après amputation traumatique totale ou subtotale

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Particularités étiologiques

Les amputations totales ou subtotales de l’oreille ont des étiologies diverses : traumas, brûlures ou encore iatrogènes. Bien que les causes en soient variées, elles ont des spécificités communes qui les distinguent des microties congénitales et qui induisent des différences dans les stratégies et les techniques de reconstruction.

Les microties sont souvent prises en charge vers l’âge de 10 ans, alors que la majorité des traumatismes intéresse des sujets adultes. Les facteurs de risque vasculaire comme l’intoxication tabagique y sont donc plus fréquents ainsi que l’ossification du cartilage costal. En revanche, le réseau vasculaire local (artère temporale superficielle, auriculaire postérieure, occipitale), s’il n’est pas intéressé par le traumatisme, est d’anatomie normale, contrairement aux microties où il est souvent ectopique ou atrophique.

Les traumatismes intéressent en premier lieu les zones les plus exposées. Ainsi, les pertes de substances s’étendent de façon centripète vers le conduit auditif externe, touchant d’abord l’hélix et le lobule, ensuite l’anthélix, puis la conque. Le tragus et le conduit auditif externe ne sont que plus rarement atteints. La peau mastoïdienne et le réseau artériel sont souvent conservés. Cela est vrai pour les traumas (section par bris de verre, morsure, AVP…) mais aussi pour les brûlures pour lesquelles on assiste à une nécrose du cartilage auriculaire due à la chaleur qui excède les zones concernées par les brûlures cutanées, avec une conservation des axes vasculaires sous-jacents.

Traitement

Au stade de l’urgence : en dehors de cas rares où l’on peut envisager de repositionner en greffon composé la partie amputée, ce qui suppose une section franche et une perte de substance inférieure à 15 mm, il est illusoire d’envisager une utilisation de la partie amputée.

Les vaisseaux de très faible diamètre, de faible longueur et traumatisés sont peu propices à une réimplantation microchirurgicale dont le succès est exceptionnel. La dissection et l’utilisation des vaisseaux receveurs comme l’artère temporale superficielle compromettent, comme nous le verrons, les possibilités de reconstruction secondaire.

Par ailleurs, il faut comprendre que le cartilage auriculaire n’est pas apte à réaliser une reconstruction étendue, et ne pourra être réutilisé de façon secondaire. Il est en effet trop mince, trop souple pour pouvoir supporter un lambeau de[...]

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