Reconstruction du clitoris après mutilations sexuelles

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Les différents organismes de santé souhaitent ardemment la fin de l’excision féminine. On estime entre 130 et 140 millions le nombre de femmes excisées dans le monde, dont 92 millions de femmes africaines. Les femmes excisées le sont souvent entre l’enfance et l’âge de 15 ans.

Ce geste mutilant est pratiqué dans le monde entier, particulièrement en Afrique subsaharienne (Ouest, Est et Nord-Est), en Asie et au Moyen-Orient et encore actuellement en France et dans les autres pays européens, voire en Amérique du Nord (population issue de l’immigration). Les séquelles sont médicales, psychologiques et psychosexuelles [1, 3, 6]. Les complications post-excisions sont fréquentes à type d’infection (tétanos, bactéries, VIH) et d’hémorragies [4, 5]. Dans certains pays africains comme le Soudan où l’antibiothérapie est difficilement accessible, on estime à un tiers la mortalité post-excision.

Nous nous intéresserons au type II de la classification des mutilations féminines de l’OMS (80 % OMS et fréquemment vus en France et dont le traitement est bien établi).

La chirurgie reconstructrice clitoridienne est accessible en France depuis 2004 par la sécurité sociale et concernait à ses débuts les patientes douloureuses dont les séquelles urologiques, gynécologiques ou obstétricales étaient patentes. Depuis, la chirurgie s’est élargie aux femmes qui souhaitent retrouver une intégrité corporelle ou qui désirent une vie sexuelle normale et épanouie.

Les fibres nerveuses clitoridiennes et vaginales sont intimement liées : lorsque l’un ne fonctionne pas, l’autre reste “endormi”. La reconstruction d’un clitoris restaure donc souvent le plaisir sexuel jusqu’alors inexistant.

Classification des mutilations sexuelles féminine

De nombreux pays ont interdit l’excision rituelle. Malgré cette interdiction croissante, cette mutilation perdure dans de nombreux pays. Elle est donc réalisée secrètement dans des conditions d’hygiène désastreuse (pas d’asepsie cutanée, aucune hémostase, matériel réutilisé sans désinfection préalable).

L’OMS [1] a classé en quatre types les différentes mutilations (fig. 1) :

– clitoridectomie : ablation partielle ou totale du gland clitoridien et, plus rarement, seulement du prépuce ou capuchon[...]

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