Mission Tchad : carnet de bord d’une interne en chirurgie plastique

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Je m’apprête à vivre une aventure extraordinaire : passer 15 jours en mission au Tchad avec l’ONG Handicap Santé. C’est la concrétisation d’une idée mûrie pendant 5 années, née pendant la projection d’un documentaire en PCEM2 et confirmée au cours de rencontres avec le Docteur Patrick Knipper, chirurgien plasticien parisien. Cinq ans au cours desquels la chirurgie plastique humanitaire s’est peu à peu imposée à moi comme une vocation.

Cette application de la chirurgie plastique m’a séduite au début de mes études de médecine par son champ d’application spécifique : des pathologies rencontrées n’existant pas ou plus dans nos contrées, un cadre inhabituel de relations humaines et des méthodes thérapeutiques traditionnelles ancrées dans une culture différente. Pour y parvenir, il a fallu faire un tour exhaustif des rares ONG dédiées à la question, et prendre contact avec un nombre important de chirurgiens humanitaires. Quoique touchés par mon enthousiasme, leurs réponses étaient presque toujours négatives et c’est probablement à l’usure que je finis par persuader M. Knipper (président de l’ONG Interplast France) de m’emmener.

Jour 0

Nous sommes à Roissy, il est 12 h 15, soit 4 h avant le départ de l’avion. Pour voyager, beaucoup d’enthousiasme et peu de bagages, ou plutôt 500 kg de matériel en soute qu’a réussi à rassembler, au cours des 6 derniers mois, Catherine la panseuse. Je rencontre alors toute l’équipe, composée de 2 anesthésistes, 2 chirurgiens orthopédistes, 1 plasticien, 1 panseuse, 1 infirmier anesthésiste, 1 infirmière pour le post-op et 1 logisticien : une petite armada !

Jour 1

Moundou, deuxième ville du pays, 40° à l’ombre et une file interminable de patients qui nous attendent déjà. Ils ont été sélectionnés depuis Paris avec l’aide de l’équipe locale d’infirmiers et de kinés du centre. Ces patients et leurs familles ont été convoqués il y a 1 mois et se sont organisés pour traverser parfois tout le pays et rester plusieurs mois, le temps de la rééducation, au centre.

Nous sommes accueillis à la maison Notre-Dame de Paix, centre de rééducation et de réinsertion sociale fondé et tenu par des jésuites. Encadrées par le père Michel Guimbaud, environ 25 personnes­, kinés, infirmières, appareilleurs,[...]

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