Restons optimistes

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Modifier les formes, la morphologie, mais dans quel but :
fonctionnel, souvent pour soulager des dorsalgies en réduisant le volume mammaire, en supprimant un abdomen pendulum ;
réparateur, en transférant un lambeau musculo-cutané sur une escarre ischiatique d’un paraplégique lui permettant de retrouver une vie sociale et professionnelle plus rapidement ;
esthétique permettant à une patiente de se sentir enfin désirable, de s’épanouir dans ses relations avec les autres, et parfois même de retrouver un emploi ;
financier, parfois malheureusement en faisant abstraction du patient, de ses attentes, de ses doutes et de ses pathologies en proposant le tourisme esthé¬tique avec voyage inclus et séjour de rêve, ignorant les douleurs et les soins postopératoires indispensables.

Cette profession passionnante change. Nous, “techniciens de surface”, superfi¬ciels et uniquement guidés par l’appât du gain, sommes devenus des prestataires de service, vilipendés, médiatisés, montrés du doigt dès qu’une erreur ou un accident nous sont imputés.

Nantis, donc imposés lourdement (taxe à 19,6 %), facturant des dépassements abu¬sifs, “insuffisamment formés” (création d’une ODPC), nous sommes soumis à des contraintes administratives multiples: CLIN – CLUD – CLAN – ODPC – RMM*.

Il y a donc beaucoup de raisons désespérées de continuer à exercer une profession difficile, nécessitant une formation longue, loin des 35 heures de “Martine au pays des rêves”.

Les gynécologues revendiquent la chirurgie mammaire,
Les chirurgiens viscéraux la chirurgie abdominale,
Les ORL et maxillo-faciaux la chirurgie faciale,
Les dermatologues la chirurgie cutanée.

Il ne nous resterait donc que la chirurgie des escarres, des brûlures ou de la maladie de Verneuil !
* Je vous laisse le soin de retrouver la signification de ces abréviations.

Pourtant, nous devons rester très optimistes sur notre avenir, en mesurant le chemin parcouru depuis nos débuts d’internat (fin des lambeaux tubulés migrants et les premières greffes faciales, prémices d’une nouvelle ère).

Nous avons une spécialité récente, polymorphe qui a bénéficié d’autres dis¬ciplines. A nous de montrer que nous avons toujours une longueur d’avance, que notrebut estl’excellence et que, pour cela, il faut une formation solide et constante. Cette formation doit d’abord être universitaire et le recrutement de ses leaders, bien que difficile, ne doit pas être découragé par notre politique et les contraintes financières (une disparité salariale trop importante avec le privé, associée à des tracasseries administratives pourraient devenir rédhibitoires).

Nous avons la chance d’être une discipline attractive et de pouvoir recruter les internes[...]

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